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Au Moyen Âge, oubliez les Emma et les Léo : les prénoms les plus donnés en France racontent une toute autre histoire. Entre ferveur chrétienne, héritage germanique et traditions locales, certains noms dominaient largement les registres. Voici ceux que portaient le plus souvent nos ancêtres.

Comment s’appelait-on en France entre le Ve et le XVe siècle ? Bien avant l’état civil moderne instauré par l’ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539, les prénoms reflétaient l’univers mental, religieux et social des populations médiévales. Les historiens s’appuient sur les cartulaires, registres paroissiaux tardifs et chartes pour reconstituer les usages.

Un constat s’impose : une poignée de prénoms dominaient très largement. Inspirés des saints du calendrier chrétien, hérités des peuples francs ou issus de la Bible, ils témoignent d’une société structurée par la foi, la filiation et l’appartenance communautaire. Derrière ces choix, c’est toute une vision du monde qui se dessine.

Quel était le prénom de garçon le plus donné au Moyen Âge ?

Durant le Moyen Âge, la Bible représente la source d’inspiration majeure pour les prénoms. À cette époque, Jean s’impose sans contestation comme le plus populaire. Il renvoie au saint et se décline en de multiples formes dans les langues européennes. On peut ainsi citer Juan, Giovanni, John ou encore Yoan. Il possède également un équivalent féminin avec Jeanne. Son origine hébraïque, Yohanan, signifie "Dieu a accordé sa grâce". Ce prénom représente souvent 20 à 25% des naissances masculines, et jusqu'à 40% dans certaines régions ou périodes, comme au XIIIe siècle où il atteignait 12,5 à 27,5% dans le Vendômois, comme l'explique Florian Besson dans Le top des prénoms au Moyen Âge (Slate, 21 juin 2018).

Au XIe siècle, Hugues (5,4%) et Geoffroi arrivent en tête, suivis de Guillaume et Renaud.​ Au XIIe siècle, Guillaume (7,6%) et Hugues progressent, tandis que Jean monte en flèche. Au XIIIe siècle, Jean s'impose nettement, avec Pierre, Philippe et Mathieu en embuscade.

Quels étaient les prénoms féminins les plus répandus au Moyen Âge ?

Au Moyen Âge, particulièrement en France et en Europe occidentale, les prénoms féminins les plus répandus étaient souvent d'origine biblique, germanique ou latine, influencés par le christianisme et les traditions royales. Des noms comme Marie, Jeanne, Isabelle ou Marguerite dominaient, portés par des saintes, reines et paysannes.

Ces prénoms reviennent systématiquement dans les sources médiévales, du XIe au XVe siècle :

  • Marie : très populaire grâce à la Vierge Marie, utilisé dans toutes les classes sociales.
  • Jeanne : explosif aux XIVe-XVe siècles, lié à Jeanne d'Arc et des reines ; signifie "Dieu pardonne".​
  • Isabelle (ou Isabeau, Iseult) : courant chez les nobles, dérivé d'Élisabeth ("Dieu est serment").
  • Marguerite (et diminutif Margot) : répandu après les Croisades, signifiant "perle".
  • Anne : biblique ("grâce"), commun du royaume de France aux aristocrates comme aux paysannes.

Certaines personnalités marquantes suscitent aussi l’admiration et contribuent à la diffusion de certains prénoms. C’est notamment le cas d’Aliénor, en référence à Aliénor d’Aquitaine. Le prénom Mathilde, pour sa part, est d’origine germanique et reste particulièrement répandu dans le nord de la France. La reine Mathilde, issue des Flandres, explique en partie cet engouement. Son étymologie renvoie à la force et à la puissance guerrière.

Comment expliquer le succès des prénoms de chevaliers au Moyen Âge ?

La littérature arthurienne a exercé une influence notable sur l’attribution des prénoms au Moyen Âge. Inspirés des chevaliers de la Table ronde du roi Arthur, Lancelot, Gauvain et Tristan rencontrent un vif succès. Enfin, le prénom Clovis évoque directement la figure du souverain.

Source Ca m'intéresse

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