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« Dans la tête des gens, on sera toujours des voyous ou des vendeurs de drogue », déplore Karim, habitant du quartier des Pyramides à La Roche-sur-Yon. Mais ces clichés, le jeune homme aime à les déconstruire. Loin des préjugés stigmatisant la vie en cité, il rappelle que dans ces lieux « la solidarité est de mise ». « Il y a toujours des jeunes qui se précipitent pour aider les personnes âgées à porter leurs courses », raconte Karim. « Tout le monde se connaît, c’est comme une famille », renchérit Sonia, retraitée du quartier. Une entraide qui s’est accentuée avec l’apparition du coronavirus.

« Dans la tête des gens, on sera toujours des voyous ou des vendeurs de drogue », déplore Karim, habitant du quartier des Pyramides à La Roche-sur-Yon. Mais ces clichés, le jeune homme aime à les déconstruire. Loin des préjugés stigmatisant la vie en cité, il rappelle que dans ces lieux « la solidarité est de mise ». « Il y a toujours des jeunes qui se précipitent pour aider les personnes âgées à porter leurs courses », raconte Karim. « Tout le monde se connaît, c’est comme une famille », renchérit Sonia, retraitée du quartier. Une entraide qui s’est accentuée avec l’apparition du coronavirus.

Des distributions alimentaires solidaires

Malgré l’isolement imposé par les confinements successifs, les liens sociaux ont perduré entre les habitants. Beaucoup ont perdu leur emploi et ont été confrontés à une précarité accrue. Pour les plus démunis d’entre eux, une cagnotte participative a été mise en place afin qu’ils puissent répondre à leurs besoins les plus primaires. Tous se sont assurés du bien-être de leurs voisins de palier et amis. « Un petit coucou » pour savoir si tout va bien et si la personne a besoin de quelque chose. « Tous les matins, j’allais voir ma voisine et je lui apportais le café, on papotait cinq minutes et j’allais lui faire quelques courses », se souvient Youssef, collégien. Dans ce quartier, il est courant de se faire appeler « tata » ou « tonton ». Outre les liens de sang, les habitants priment ceux du cœur.

Avec la crise sanitaire, cette entraide s’est aussi matérialisée par des actions militantes. Ainsi, chaque jeudi, le Parti communiste vendéen se réunit dans les quartiers populaires de la ville afin d’organiser des distributions alimentaires solidaires. Le but ? Lutter contre la malnutrition et rendre les produits biologiques accessibles. « Alors que nous faisions une action sur le quartier de la Garenne, des jeunes sont venus nous voir pour nous dire qu’ils ne mangeaient pas bien chez eux. Nous avons donc commencé à inviter les parents à la sortie des écoles en leur proposant de bons produits : des légumes biologiques et de saison, ainsi que des laitages », explique Bernard Violain, membre du PCF. Depuis, ces actions se sont implantées dans les différents quartiers de La Roche-sur-Yon, notamment aux Pyramides.

Privilégier les produits locaux

Des partenariats ont été mis en place avec différentes fermes des environs pour avoir des produits à prix coûtant. « C’est le local qui prime  », ajoute le militant. Œufs, lait, fruits et légumes, pain… chaque semaine, les adhérents du Parti parcourent les routes vendéennes pour récolter les produits. « C’est important pour nous de participer à ce projet, cela nous évite de jeter les aliments qui ne peuvent pas être vendus dans les grandes surfaces, et on montre que le biologique n’est pas réservé qu ’aux classes aisées », confie Jérôme, maraîcher dans une commune voisine. L’antenne du PCF met à la disposition des résidents des quartiers une diététicienne.

Une fois par mois, la professionnelle se rend sur le stand et donne des conseils pour combiner nourriture saine et budget serré. Malgré la pandémie, ces actions ont perduré. Le préfet de police a considéré cette action « salutaire », dixit Bernard Violain, et autorisé sa poursuite.

Lors des confinements, les besoins de certains étaient tels que des paniers ont été distribués plusieurs fois par semaine. Nicola, une habitante du quartier des Pyramides, peut en témoigner : « J’étais vraiment en difficulté, je ne pouvais plus m’acheter à manger. Il est arrivé qu’on m’apporte des paniers-repas plusieurs fois dans la semaine pour que je puisse continuer à vivre », confie-t-elle. Pour le Parti communiste vendéen, la solidarité n’est pas qu’un leitmotiv, elle est synonyme d’actions concrètes.

Icon QuoteC’est toujours un soulagement de les voir arriver. Il y a des jours, c’est vraiment compliqué…  Yasmine, hôtesse de caisse

Maintenir le lien social

Chaque jeudi, une dizaine de bénévoles s’activent pour installer le stand et organiser la distribution. De grandes banderoles aux couleurs du PCF sont déployées. « La solidarité, on n’a rien inventé de mieux », peut-on lire sur l’une d’elles. Ce jeudi matin, une chaîne humaine se forme rapidement pour décharger les caisses de légumes. Malgré la pluie, la bonne humeur est au rendez-vous. Les premiers habitants du quartier commencent à arriver. Le sourire aux lèvres, ils se saluent et se rassemblent autour des produits fraîchement récoltés. Fenouil, concombre, salade, radis… « on a le choix », commente Yvonne, retraitée. « C’est toujours un soulagement de les voir arriver. Il y a des jours, c’est vraiment compliqué… » reconnaît Yasmine, hôtesse de caisse. Sur le stand, aucun prix n’est affiché. Si elles le souhaitent, les personnes peuvent déposer de la monnaie dans une petite boîte. Chacun met ce qu’il veut, « il n’y a aucune obligation », insiste Marie-Françoise, une militante du Parti.

Icon QuoteC’est aussi une occasion de se retrouver, on prend cinq minutes. Clarisse, femme de ménage

Les premiers sacs se remplissent. « L’idée est excellente », commente Yasmina. Les volontaires font déguster des fraises aux habitants. Les sourires s’affichent sur les visages. « Il s’appelle comment, ce légume, maman ? » questionne un enfant. Les cagettes se vident aussi vite que les minutes défilent. Les habitants en profitent pour prendre des nouvelles les uns des autres. « C’est aussi une occasion de se retrouver, on prend cinq minutes », confie Clarisse, femme de ménage. Certains proposent aux autres de venir « se retrouver ce soir » pour déguster les produits récupérés. Pour Karim, « c’est que du bonheur, la vie en quartier ». Alors que l’heure est venue pour les bénévoles de remballer, les habitants les questionnent sur leurs revenus. Outre la dimension solidaire, ces actions permettent de maintenir le lien social entre les résidents. Loin de l’image dépeinte par les politiques d’extrême droite, aux Pyramides, sur la violence, la convivialité l’emporte.

Une démarche d’éducation populaire qui valorise aussi les petits producteurs

Les produits distribués chaque semaine proviennent tous de maraîchers, cultivateurs et éleveurs des environs de La Roche-sur-Yon, qui partagent les valeurs de cette initiative solidaire.

Les Jeudis de la solidarité, mis en place par le Parti communiste vendéen, ne seraient possibles sans la participation des petits producteurs locaux. Chaque jeudi matin, les bénévoles s’affairent à faire le tour des fermes environnantes pour récolter les produits distribués. Ce jour-là, premier arrêt à Le Poiré-sur-Vie dans les champs de Jérôme. « C’est par le biais de connaissances personnelles qu’on a pu mettre tout ça en place », explique Bernard Violain, membre du PCF. Les palettes de fruits et légumes ont été préparées la veille. Concombres, betteraves, fraises… tout est de saison. Au total, près de 60 kilos de marchandises sont chargés dans le coffre du militant. « On est contents de participer à cette action.

« Rendre accessible la nourriture saine, tout en évitant le gaspillage alimentaire »

Autre que la simple distribution, c’est avant tout une démarche d’éducation populaire », confie Jérôme.Bernard reprend le volant pour se rendre ensuite chez Nathalie et Frédéric, à la Ferme de Futaie. « Dans notre laiterie, tout est bio, on fait aussi attention au bien-être de l’animal, on privilégie les grands espaces pour une meilleure qualité des produits », raconte la propriétaire des lieux. Une fois le lait et les yaourts fruités récupérés, Bernard roule en direction de son dernier arrêt : la ferme de la Vergne. Au milieu de vastes espaces de verdure, Cécile, la propriétaire récupère les œufs fraîchement pondus de ses 450 poules. Sa motivation à participer à un tel dispositif ? « Rendre accessible la nourriture saine, tout en évitant le gaspillage alimentaire », précise-t-elle.

En effet, les produits récoltés pour les distributions sont ceux qui ne peuvent être vendus en grandes surfaces, leur forme ne correspondant pas aux standards de vente. Pour autant, ils sont tous comestibles. La productrice voit le dispositif de solidarité comme « une action politique concrète ». Une fois la centaine d’œufs bien calés dans sa voiture, Bernard peut enfin rentrer à La Roche-sur-Yon, afin de préparer l’installation du stand. Pour lui, indépendamment de la dimension solidaire, cette initiative permet aussi « de valoriser les petits producteurs locaux ».

Julie Chauvin, l'Humanité

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