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Avec les CD de Sidi Wacho, Manu Galure, Christine Salem et Lila Tamazit, la contestation bat son plein au son de cumbia, de rock, de jazz et de maloya.

Louis Aragon l’écrivit il y a quatre-vingts ans dans le Crève-cœur, et son observation reste d’une actualité aiguë en ce XXIe siècle décousu : « Jamais peut-être faire chanter les choses n’a été plus urgente et noble mission à l’homme. » C’est la tâche à laquelle s’attelle Manu Galure depuis une décennie, notamment de 2017 à 2019, lors d’une tournée hexagonale effectuée seul à pied, à la rencontre du peuple de France.

Durant ces deux années, l’interprète, pianiste, auteur et compositeur occitan a conçu le bouquet de chansons constituant Vertumne . Il a enregistré son album en trio, en s’accompagnant lui-même au piano à queue, avec Lorenzo Naccarato au piano droit et Patrice Caumon intervenant sur le corps ou dans les cordes du piano de ses deux amis (piano « préparé »). Il mène ainsi une expérimentation musicale en concordance avec l’univers décalé du CD, peuplé d’un bestiaire insolite. Dans Toi qui vis comme un oiseau , il emprunte desquelques vers à Aragon. À la croisée de Nougaro, Fersen et Higelin, le jeune troubadour toulousain peint, non sans espièglerie, l’absurdité d’une société grignotée par l’individualisme.

Beauté ouvrière et désirs de justice

Avec Elegancia popular, de Sidi Wacho, la contestation sociale bat son plein au rythme de la cumbia, cette fille effrontée qu’enfantèrent les esclaves et leurs tambours dès le XVIIe siècle en Colombie. Originaires du Chili, de France et du Pérou, les quatre musiciens célèbrent, en espagnol et en français, « l’élégance populaire, la beauté ouvrière ». Ils honorent le vendeur à la sauvette, la Palestine hélas oubliée, Victor Jara, Frantz Fanon, le militant assassiné Clément Méric… Et fustigent le facho Zemmour. Un opus offensif, euphorique et flamboyant.

Lila Tamazit embrase nos désirs de justice avec Ras la trompe, consacré au répertoire de Colette Magny. Chanteuse, auteure et compositrice comme la diva frondeuse morte en 1997, « artiviste » comme elle, Lila Tamazit revivifie, avec Vincent Viala (piano) et David Georgelet (batterie, percussions), de mémorables strophes grenades ( Répression, le Boa, l’Exil…) et des titres plus personnels, tels Ras la trompe et La mort me hante. Maniant le parlé-chanté, la ballade ou la gueulante à gorge déployée, Lila cultive, au sein de son trio, l’esprit du jazz, du gospel et du blues dans le sens le plus libre que chérissait Colette Magny.

Éclaireuse de la chanson francophone, la Réunionnaise Christine Salem, dont le fort caractère a été forgé par les épreuves, revient toujours aussi puissante, mais pacifiée, comme le traduit le disque Mersi, magistralement réalisé par Jean Lamoot. La chanteuse, auteure, compositrice et polyinstrumentiste (voix, guitare, kayamb, harmonica) y a convié le violoniste Frédéric Norel, le guitariste Seb Martel et la percussionniste Anne-Laure Bourget, qui ont en outre signé les arrangements (sauf pour l’éponyme Mersi). Tandis que Jacky Malbrouk attise la flamme de l’ancestral maloya, l’abyssale voix de Christine se déploie a capella, souveraine, ou bien se fond dans un unisson saisissant, s’élance dans une chevauchée avec le tambour, joue avec la déflagration rock de la guitare électrique. À la grande Salem, dont le chant tempête sans faiblir, nous dédions ces mots d’Aragon : « Mon chant ne se peut refuser d’être, parce qu’il est une arme (…) pour l’homme désarmé. »

Manu Galure, Vertumne (le Cachalot mécanique/Bacchanales Prod) ; Sidi Wacho, Elegancia popular (Balle populaire/Pias) ; Lila Tamazit Trio, Ras la trompe (Prado Records/The Pusher) ; Christine Salem, Mersi (Blue Fanal/l’Autre Distribution).

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