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Déjà adulée, la poétesse anglaise aux ascendances nigériane, tchadienne et française signe Collapsed in Sunbeams, un premier album à la douce mélancolie.
À l’état civil, Arlo Parks se nomme Anaïs Oluwatoyin Estelle Marinho. Un patronyme qui témoigne de ses origines multiples. Moitié nigériane, la chanteuse a aussi des ascendances tchadienne et française par sa mère.
À 17 ans, elle est repérée par BBC Introducing, la pépinière de jeunes talents de la radio publique britannique. Avant même la sortie de son premier album, Collapsed in Sunbeams, qu’on pourrait traduire par « Effondrée dans les rayons de soleil », Arlo Parks était déjà précédée d’une réputation élogieuse, portée par les succès de Cola, son premier single, en 2018, et de son EP Super Sad Generation (« Génération super triste »), chéri entre autres par une jeunesse désabusée. Elle compte déjà parmi ses fans les chanteuses Billie Eilish et Lily Allen ou l’ex-first lady Michelle Obama. Excusez du peu. Son disque suscitait donc beaucoup d’attentes.

Le résultat est largement à la hauteur des espérances et résonne déjà, alors qu’elle a à peine 20 ans, comme une confirmation. Celle du talent d’une jeune artiste passionnée de poésie, qui s’est précocement essayée à l’écriture. Elle cite Gary Snyder, héraut anar de la Beat generation, Mary Oliver, poétesse états-unienne de la nature, et Pat Parker, Afro-Américaine féministe et lesbienne, compagne de route des Black Panthers, parmi ses références.

Une néo-soul classieuse dans un écrin pop

Son splendide opus de douze titres, composés pendant le confinement, s’ouvre sur une introduction façon spoken word. Elle développe ensuite dans un écrin pop d’une grande et enthousiasmante richesse musicale des chansons fleurant bon une néo-soul classieuse, sans être trop formatée. Sa voix suave se pose avec une douce amertume sur des rythmiques hip-hop apaisées et un soupçon de folk. Le tout est finement produit par Gianluca Buccellati, qui l’accompagne depuis son premier EP, mais aussi par Paul Epworth (U2, Lana Del Rey, Adele…) et David Wrench (Franck Ocean, David Byrne et The XX…). Que du beau monde…

Les anglophones salueront la subtilité de ses textes où elle évoque des addictions, sa bisexualité ou les émois adolescents. Des thématiques puisées dans ses propres expériences, avec une maturité étonnante. « Je me suis replongée dans mes vieux journaux intimes », avance la Britannique.

Icon Quote Je veux de l’ampleur dans ce que je fais. Je m’intéresse à l’art dans son ensemble.

Qu’on comprenne ou pas les paroles, on est d’emblée happé par la mélancolie joyeuse qui se dégage de son univers. Même chose pour le désir évident de ne pas se laisser enfermer dans un genre. Arlo Parks a ceci de rare qu’elle paraît à la fois à la marge et mainstream, simple et sophistiquée. Sans doute doit-elle ces ambivalences et cet éclectisme à ses racines plurielles, qui lui ont très tôt permis d’écouter à la fois Brel et Marc Lavoine, idoles de sa mère, ou Earth, Wind and Fire, Bob Dylan et Sade, la star anglo-nigériane de la soul jazz au mitan des années 1980. Sa curiosité et l’exploration de YouTube ont fait le reste. « Je veux de l’ampleur dans ce que je fais. Je m’intéresse à l’art dans son ensemble. » Ainsi, elle s’est penchée sur les films d’animation des Studios Ghibli de Hayao Miyazaki et les œuvres de David Lynch pour étoffer ses textes pendant cette composition confinée. Elle s’est également intéressée au travail photographique du Chinois Ren Hang et à celui de Nan Goldin. Elle souligne : « Je veux que l’expérience d’écouter mes chansons vous donne l’impression de regarder dans l’objectif d’un appareil photo. » Oh miracle, cela s’entend !

Sources l'Humanité, Mikael Melinard

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