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Arnaque ou insouciance poussée à l’absurde par l’idéologie start-up ? Une jeune pousse spécialisée dans la santé a réussi à tenir près de dix ans, à peser 10 milliards, sans avoir réussi à produire quoi que ce soi

Tout a commencé comme un conte de fées moderne. Une brillante jeune fille de 19 ans, en deuxième année de chimie à la prestigieuse université de Stanford, située en plein au cœur de la Silicon Valley, décide de tout plaquer pour lancer sa start-up dans la santé, Theranos. Elle n’a aucune compétence médicale, juste une idée et, selon la mythologie californienne, cela suffit.

Pour quelques gouttes de sang, les billets verts affluent

Nous sommes en 2003, et Elizabeth Holmes dépose un brevet pour un outil à brancher sur son téléphone portable qui, en recueillant quelques gouttes de sang au bout du doigt de l’utilisateur, peut effectuer des centaines de tests sanguins. Hormis la totale inconnue de sa faisabilité, l’idée peut séduire les plus téméraires des « business angels » de Californie. Son argument : si vous n’investissez pas dès le début, vous risquez de passer à côté du d’une révolution dans la médecine. Son autre promesse de récupérer et monétiser les données de santé issues de millions de tests sanguins fait que les billets verts affluent vite. Une importante chaîne de pharmacie (plus de 8 000 enseignes) signe un accord pour distribuer les produits quand ils seront prêts, renforçant la crédibilité du projet. Elizabeth Holmes commence à être invitée dans de nombreux médias, son histoire fascine et, pour une start-up technologique, tout le monde comprend le discours qu’elle rabâche à longueur de plateaux : beaucoup de diagnostics se font via des tests sanguins, qu’elle promet de rendre plus rapides, plus fiables et moins chers.

L’avatar de Steve Jobs à la tête d’une Licorne, Theranos

Pour rassurer les investisseurs, elle s’entoure d’un conseil d’administration composé de vieux hommes blancs reconnus, mais qui n’y connaissent rien en médecine. Elle débauche des cadres chez Apple et imite autant que possible Steve Jobs, le fondateur de la marque à la pomme, qui a acquis à sa mort en 2011 une aura quasi mystique de génie de la Silicon Valley. Elle va jusqu’à porter le même uniforme, son éternel pull à col roulé noir.

À l’orée 2013, après plusieurs années de développement, pas l’ombre d’un Mini Lab – le nom de son produit – à l’horizon. Les investisseurs s’agitent. La start-up devenue licorne (dépassant le milliard de dollars de capitalisation) assure que des tests sont faits, qu’ils sont concluants. Dans les bureaux de Theranos, rien ne filtre, les services sont cloisonnés, les salariés ont la stricte interdiction de communiquer.

Mini-Lab, une illusion qui rapporte des millions

On apprendra plus tard que ces tests sanguins ont été effectués le plus souvent avec les outils de concurrents, qu’aucun des prototypes créés n’a jamais produit de résultat correct. L’un des mantras de l’idéologie start-up est « Fake it, till you make it », soit « Faites semblant que ça marche jusqu’à ce que vous y arriviez ». Elizabeth Holmes a peut-être poussé le bouchon un peu loin. Cette même année 2013, elle annonce avec assurance la commercialisation du Mini-Lab avant décembre. C’est l’effervescence. Elle fait la couverture de Forbes pour être la plus jeune milliardaire du monde à ne pas avoir hérité de sa fortune, estimée à 4,5 milliards de dollars. Theranos, elle, pèse plus de 9 milliards. Près d’un million d’États-Uniens réservent le produit dans les pharmacies.

Wall Street Journal révèle la surpercherie

À sa sortie, le Mini-Lab ne fonctionne pas : impossible de réussir tous ces tests avec si peu de sang. Elizabeth Holmes achète des centaines de machines à Siemens, qu’elle ordonne à ses ingénieurs de modifier pour faire illusion. Et son charisme fait le reste jusqu’à fin 2014, lorsque John Carreyrou, journaliste d’investigation spécialisé dans la santé du Wall Street Journal, décide d’enquêter et de dévoiler la supercherie. Un travail au long cours d’autant plus complexe que le propriétaire du journal, Rupert Murdoch, avait investi 125 millions dans Theranos. L’entreprise a fermé définitivement ses portes en septembre 2018. Elizabeth Holmes, elle, attend son procès, repoussé à cause du Covid. Elle risque jusqu’à 20 années de prison. Mais elle fascine toujours : Hollywood a déjà prévu l’adaptation de son histoire au cinéma.

Pierric Marissal, l'Humanité

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