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MOSAIK RADIOS Chansons Rouges, Chansons Rouges, Radio Evry Courcouronnes 91 Ile de France : Ensemble, Téléthon 2019 les 7 et 8 décembre. Vous écoutez actuellement CHANSONS ROUGES. En cliquant sur le logo en bas à droite vous pouvez écouter une autre station du groupe Mosaik Radios, Classik Radio ou Radio Evry 91 Ile de France. CHANSONS ROUGES L'NFORMATION EN CONTINUE : Flashs d'actualités toutes les heures de 6h à 23h. Journaux à 7h, 9h, 13h, 17h, 19h. Top Magazines à 8h, 12h, 18h, 23h RADIO EVRY COURCOURONNES 91 ILE DE FRANCE : Ecoutez sur cette web radio et en podcast des reportages sur plus de 30 associations d'Evry Courcouronnes et une programmation musicale avec les meilleurs hits. Magazines d'informations nationales et locales à 8h, 12h, 16h, 18h30, 20h CHANSONS ROUGES MOSAIK RADIO : est diffusée en haute définition en 320 Kbps LES INVITES DE CLASSIK RADIO - Musique, culture, société, politique...cette semaine Jean-Marc Jancovici, ingénieur, enseignant, conférencier, auteur de livres et chroniqueur indépendant. Il est essentiellement connu pour son travail de sensibilisation et de vulgarisation sur les thèmes de l'énergie : Lundi à 22h30, mardi 16h30, mercredi 19h, jeudi 10h, samedi à 8h30.




Partout dans le monde, les marchés financiers et leurs alliés politiques tentent d’étendre la capitalisation et ses prestations rabougries. Mais ils se heurtent à des résistances. Plein feu sur les États-Unis, l’Allemagne et le Chili.

Les retraites sont devenues l’un des thèmes les plus chauds de l’actualité sociale mondiale. Et pour cause. On assiste un peu partout sur la planète, sous l’effet de la globalisation financière, à une offensive en règle des assureurs privés. Ils veulent ici accroître les profits des fonds de pension déjà sous leur coupe. Ils font là le forcing pour s’accaparer le magot de systèmes publics qui les font saliver quand ils échappent encore à leur emprise. Comme en France, où la solidarité entre générations de salariés, la répartition restent la règle majoritaire.

Un voyage sur quelques théâtres d’intervention majeurs des mercenaires de la finance et de leurs complices politiques permet d’illustrer à la fois l’ampleur des dégâts occasionnés pour les citoyens ordinaires, mais aussi des résistances de mouvements déterminés. Ce qui souligne combien émerge derrière les souffrances populaires ou dans les luttes le besoin d’une mondialisation radicalement transformée.

États-Unis : Wall Street fait les poches des vieux

Attachez vos ceintures. Notre premier rendez-vous névralgique a lieu aux États-Unis. Au pays du « marché roi », la capitalisation donne le la depuis des lustres. Surprise cependant : héritage du New Deal de Roosevelt, une partie de la retraite est assurée par la Social Security (Sécurité sociale), un système public par… répartition. Il n’ouvre cependant aux cotisants qu’un droit à une retraite socle en forme d’obole et rend indispensable la souscription à une assurance privée complémentaire. Celle-ci pourra être financée individuellement ou en partie par les entreprises quand elles disposent d’un fonds de pension « maison ».

Les salariés des plus grandes firmes états-uniennes comme General Motors ou Apple pourront ainsi longtemps bénéficier de retraites de niveau confortable. Ce dispositif destiné à les « fidéliser » était inscrit dans leur contrat de travail leur garantissant une « prestation définie ». C’est-à-dire un maintien, voire une progression du pouvoir d’achat de leurs pensions. Tout a commencé de changer à partir de la fin des années 1990. Les administrations successives ont délibérément fragilisé la Social Security, désormais si rabougrie qu’elle ne permet plus à ses ayants droit de se hisser au-dessus du seuil de pauvreté. Au même moment les anciens contrats à « prestation définie » vont devenir la cible de toutes les attaques. Un dispositif baptisé 401 (k) va être lancé en grand à la fin de l’ère Clinton, fondé sur la promesse d’offrir aux futurs retraités les meilleurs rendements de Wall Street. Un petit alinéa important précisait toutefois que le niveau des rentes versées n’était plus garanti. Autrement dit : le montant des pensions allait pouvoir baisser sensiblement. Ce qui devint vite réalité.

Sous pression de leurs actionnaires, les entreprises ont pu ainsi se défaire à bon compte de leurs anciennes obligations. Des millions de futurs retraités ont été pris au piège. Au point que le sigle « 401 (k) » est devenu synonyme d’insulte dans les échanges les plus quotidiens entre citoyens grugés. Wall Street fait les poches des vieux.

La question hante le débat national états-unien. Comme le dossier très voisin de l’assurance-maladie, elle aussi rançonnée par le privé et inaccessible aux plus démunis. Au point que le défi d’instaurer un système de couverture sociale publique alimente les joutes des primaires démocrates et constituera sans doute un des sujets majeurs de la présidentielle de 2020.

L’envers du décor du « modèle allemand »

Plus près de chez nous, en Europe, les marchés financiers sont parvenus à induire d’autres régressions spectaculaires. L’envers du décor du « modèle allemand » n’est guère affriolant si on le mesure à la situation des retraités après les contre-réformes orchestrées par le chancelier Gerhard Schröder au début des année  2000. Les pensions diminuent comme peau de chagrin. Et le pays est confronté à une irruption de la pauvreté chez les seniors. Le taux de remplacement (le montant de la première pension versée comparé à celui du dernier salaire net) ne cesse de diminuer. Il n’est plus que de 48 % aujourd’hui pour une majorité d’Allemands dont les retraites par répartition sont versées par les caisses légales (Gesetzliche Kassen).

Deux réformes adoptées en 2002 et en 2005 ont fragilisé tout le système. La première, baptisée Riester, a ouvert une brèche pour la capitalisation en usant d’incitations fiscales à souscrire des assurances privées. La seconde, la réforme, Rürup a modifié le calcul des pensions en les indexant sur un paramètre démographique. Résultat : seuls les plus riches qui ont pu souscrire de bonnes polices d’assurance-vie et les ex-salariés des grandes entreprises qui se voient verser une rente « raisonnable » par les fonds de pension de leur ancien employeur (en vertu du troisième pilier du système germanique) sortent la tête de l’eau. Tous les autres sont totalement dépendants des pensions peau de chagrin de leurs caisses légales. Soit pour un salarié qui touchait 2 200 euros de rémunération nets, un revenu ramené, une fois à la retraite, à un peu plus de 1 000 euros par mois. Et encore s’il remplit les conditions légales : 45 annuités de cotisations et peu de périodes de chômage.

On comprend pourquoi ce dossier est devenu le plus sensible du moment outre-Rhin. Il bouscule, comme aux États-Unis, le débat politique national. Au point que le sort de la grande coalition dirigée par la chancelière Merkel y soit très lié. Un feu vert des adhérents du SPD qui se réunissent en congrès à la fin de cette semaine en faveur de la poursuite de l’attelage gouvernemental pourrait achopper (lire page 17) sur une loi bricolée par l’exécutif pour atténuer, vaille que vaille, les conséquences sur les seniors des logiques régressives à l’œuvre.

La capitalisation dans les fourgons de Pinochet

Au Chili, le système par répartition, qui était la norme à l’époque de Salvador Allende, a été écrasé, comme la démocratie, sous les chenilles des chars d’Augusto Pinochet. Un système a été mis en place, prévoyant un recours exclusif à la capitalisation. Celui-ci est supporté uniquement par les salariés, contraints de verser 10 % de leurs salaires à une « administration de fonds de pension » baptisée AFPs (Administradoras de Fondos de Pensiones). Résultat : une large majorité de Chiliens retraités touche aujourd’hui une pension inférieure au déjà très maigre salaire minimum (375 euros par mois). Ce qui oblige nombre d’entre eux à multiplier les petits boulots de rue pour survivre.

Les retraites sont ainsi devenues l’une des principales causes de la colère populaire au cœur du soulèvement qui touche le pays depuis le 7 octobre. Le système AFPs a été mis en place par un certain José Piñera, ex-ministre du Travail du dictateur et frère de l’actuel président de droite, Sebastian Piñera. Il est emblématique du rôle dévolu au Chili depuis Pinochet par les gourous de l’école libérale d’économie de Chicago, comme laboratoire d’une libéralisation globale.

Les comptes AFPs, présentés comme le moyen de faire fructifier l’épargne des salariés, ont été captés pour financer des opérations immobilières ou spéculatives, absorbés par le casino des places boursières interconnectées de la planète. « Un vol organisé », hurlent les manifestants dans les rues des villes chiliennes, qui revendiquent la restauration d’un vrai système public fondé sur la solidarité.

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