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Son plumage monacal noir et blanc, rehaussé par les couleurs bigarrées de son bec, attire les touristes français en Bretagne depuis plus d’un siècle. Mais l’activité humaine l’a toujours menacé et il est aujourd’hui en grand danger.

Les oiseaux de France lui doivent une fière chandelle. Pas plus grand qu’un pigeon, démarche maladroite et figure pittoresque, le macareux moine a dû faire glousser plus d’un observateur. Mais c’est bien grâce à ce « clown des mers » que les volatiles en péril peuvent aujourd’hui être préservés. Cet oiseau marin est à l’origine de la création de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), dont il est l’emblème. Un honneur qui a un prix. « Comme tous les oiseaux qui ont un peu trop fait confiance à l’homme, le macareux moine l’a payé très cher », soupire Jean-François Certin, bénévole à la LPO en Loire-Atlantique.

Cet oiseau peu farouche, présent dans tout l’Atlantique Nord, a fait les frais de la bêtise humaine durant la première décennie du XXe siècle. Sur les côtes de Bretagne, où il avait alors ses habitudes, un tourisme macabre vante « la chasse au macareux ». Des trains entiers de vacanciers débarquent armés de fusils pour traquer le calculot, patronyme local du pauvre volatile dont les cadavres s’amoncellent sur les sentiers rocheux des îles bretonnes. Marc Duquet, rédacteur en chef de la revue Ornithos et auteur de l’ouvrage Il faut sauver nos oiseaux (à paraître en octobre aux éditions Delachaux et Niestlé), dresse un funeste bilan de cette chasse barbare. « Au XIXe siècle, écrit-il, on dénombrait entre 10 000 et 15 000 macareux moines répartis sur les côtes rocheuses normande et bretonne (…), le massacre organisé, dont l’espèce fut l’objet dans la première décennie du XXe siècle, faillit aboutir à sa disparition des côtes françaises : il ne restait que quelques centaines de couples de macareux en France en 1911… »

Heureusement pour lui, l’ornithologue français Louis Magaud d’Aubusson, fondateur de la LPO en 1912, se penche sur son triste sort. Son combat aboutit « à l’interdiction, en 1913, de cette chasse stupide et à la création de la réserve naturelle des Sept-Îles, dans les Côtes-d’Armor », apprend-on dans Il faut sauver nos oiseaux. Cela permet aux populations de macareux moines de connaître un net regain dans les années 1920-1930. Mais « le Polichinelle des mers », comme l’appellent nos voisins italiens en référence à son bec coloré, n’est pas au bout de ses peines. Dans les années 1960-1970, le nombre de couples dégringole. « Plusieurs marées noires ont entraîné des pertes énormes chez ces oiseaux, beaucoup d’entre eux sont morts englués dans le pétrole », raconte Jean-François Certin. « En Bretagne, celles dues au Torrey-Canyon, en 1967, puis à l’Amoco-Cadiz en 1978 ont engendré une chute de 44 % de la population nicheuse des Sept-Îles », écrit Marc Duquet.

En France, le macareux moine est « en danger critique », selon la liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). On ne peut plus l’observer qu’au large de la ville de Perros-Guirec, en Bretagne. L’archipel des Sept-Îles abrite la dernière colonie française. Moins de 200 couples seulement y nichent, selon un recensement de 2012 dans l’Atlas des oiseaux nicheurs de France métropolitaine (Delachaux, 2015), de l’ornithologue Nidal Issa. « Les macareux nichent dans des terriers qu’ils creusent ou qu’ils installent sous une pierre », explique Jean-François Certin. Au sol, son air malhabile peut prêter à sourire, mais dans l’eau, son agilité force l’admiration. « C’est un oiseau qui passe le plus clair de son temps en haute mer, il ne retourne dans son terrier que pour se reproduire », détaille Nidal Issa. « C’est un excellent pêcheur, poursuit Jean-François Certin, ses ailes courtes et musclées et son plumage très serré font de lui un nageur très habile. » À la vitesse de l’éclair, le macareux moine fend la surface de l’eau, plongeant jusqu’à 20 mètres de profondeur pour attraper lançons, harengs et d’autres petits poissons dont il se nourrit.

Mais, jamais tranquille, le macareux moine est aujourd’hui confronté au réchauffement climatique et à la surpêche, qui réduisent ses stocks de nourriture. « Cette diminution des proies du macareux perturbe la croissance des poussins, réduit la période de nidification et diminue le succès de la reproduction. Elle fait également baisser le taux de survie des adultes », rapporte Marc Duquet. Le climat le menace également à travers les tempêtes, souvent destructrices pour cet oiseau fragile. « Début 2014, après une violente tempête, 27 000 cadavres de macareux ont échoué sur les côtes atlantiques françaises », déplore Nidal Issa. Le nom macareux est tiré du terme « macaronique », en référence à la poésie italienne burlesque, selon Pierre Cabard dans l’Étymologie des noms d’oiseaux (Belin, 2003). Pas sûr que le macareux moine, qui a tant amusé les hommes, soit le premier à en rire…

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