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Depuis les accords de paix de 2016, on compte 482 assassinats politiques. Des ONG parlent de 700 victimes.

Ces cris d’effroi ont noué les tripes. On y entend la peur, le désespoir et la tristesse d’un garçon de 9 ans qui vient d’assister à l’assassinat de sa mère. Ce matin du 21 juin, Maria del Pilar Hurtado Montano s’apprête à quitter le domicile familial situé dans la municipalité de Tierralta, dans le sud du département de Cordoba. Deux sicaires à moto se plantent alors devant elle. Après deux détonations, la femme de 34 ans s’écroule à terre. Le gamin, lui, explose de douleur. La vidéo où on le voit gémir a fait l’effet d’un uppercut. Le crime a été qualifié d’« odieux » par Ivan Duque, le chef de l’État de droite extrême, tandis que des membres de son gouvernement cherchaient à en réduire la portée politique.

la toute-puissance des paramilitaires

L’homicide de Maria del Pilar a profondément choqué ses voisins qui connaissaient bien cette mère de famille de quatre enfants. Elle était arrivée sur ces terres du nord-ouest du pays, il y a quatre ans, fuyant le département du Cauca où l’on enregistre encore aujourd’hui le taux le plus effrayant de meurtres politiques, en dépit de la signature des accords de paix, en 2016, entre l’ancienne guérilla des Farc-EP et l’État présidé alors par Juan Manuel Santos. À Tierralta, elle s’était impliquée dans la récupération de terres afin d’y faire construire des habitations pour les trop nombreux déshérités de cette région. Elle n’était pas syndicaliste, ni militante d’un parti politique ; c’était une leader communautaire, comme l’on dit en Colombie. Son engagement lui avait valu des menaces de mort de la part des Autodefensas Gaitanistas de Colombie, connues également comme Clan du golfe, un groupe armé qui tient la ville entre ses mains et contrôle jusqu’au moindre détail de la vie de ses 100 000 habitants. Ces paramilitaires, comme les autres qui sévissent ailleurs, vivent du commerce de la drogue et des trafics en tout genre, du racket de la population… Dans cette zone où les forces publiques ne maîtrisent rien, les « paracos » font la pluie et le beau temps au détriment des droits les plus élémentaires.

Depuis la mort de Maria del Pilar, Défendons la paix dénonce les décès de dix autres responsables sociaux – politiques, syndicalistes, paysans, Indiens, environnementalistes, défenseurs des droits humains –, du fait de leurs activités. « Les assassinats de ces dix leaders sociaux constituent dix raisons supplémentaires pour sortir dans les rues et les places publiques (…) pour la vie de ceux qui défendent la vie et la paix dans les territoires », déclare cette ONG. Les voyants sont au noir. Entre janvier 2016 et mai 2019, la Defensoria del Pueblo – une institution gouvernementale chargée de la protection des droits civils – a recensé 482 assassinats. Pas moins de 982 leaders sociaux ont été la cible de menaces entre avril 2018 et avril 2019. L’ONG Indepaz estime, quant à elle, que les victimes s’élèvent à plus de 700. « La persistance des violences armées est étroitement liée à la stigmatisation et aux discours de haine contre une vraie paix, sans impunité et comportant des alternatives aux modèles violents d’accumulation de richesses. Elle est également liée à la lenteur des réponses de l’État dans les territoires directement visés par des groupes armés irréguliers, là où les Farc-EP détenaient une grande influence et où l’appareil militaire a cessé d’être présent en raison de la démobilisation. Dans ces territoires, beaucoup de groupes d’intérêts ont renforcé leurs actions pour défendre leur position et des avantages dans une réorganisation des dynamiques d’accumulation des richesses et de la reproduction du pouvoir », analyse Camilo Gonzalez Posso, le directeur d’Indepaz, dans un document rendu public le 10 juillet, à l’occasion de la visite d’une délégation onusienne chargée de vérifier la mise en œuvre des accords de paix.

Derrière la guerre des chiffres, la guerre sale...

Depuis, les membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont fait part de « leur sérieuse préoccupation quant aux assassinats persistants de leaders sociaux et communautaires, ainsi que des ex-membres des Farc-EP », qui s’élèvent désormais à plus de 140, leurs anciens responsables désormais reconvertis à la vie politique parlant même d’un plan d’extermination. Au terme des rencontres sur le terrain, la délégation a certes reconnu « les efforts du gouvernement pour aborder ce problème », avec la mise en place d’un « plan de protection » de ces acteurs, mais elle insiste sur « la nécessité que les mesures se traduisent par des résultats concrets pour prévenir les attaques et traduire les responsables en justice ».

Dans un récent entretien accordé à El Espectador, le président Ivan Duque faisait, lui, valoir un bilan positif de son programme, revendiquant une réduction de 30 % des assassinats des acteurs sociaux durant les six premiers mois de l’année. Il s’agit là d’un « mirage », a rétorqué sèchement Human Rights Watch. L’ONG rappelle que les autorités ne comptabilisent pas l’ensemble des cas d’homicides politiques tant qu’ils font l’objet d’une enquête des Nations unies. Une guerre des chiffres pour ne pas évoquer la guerre sale et ses raisons.

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