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Face aux morts et aux destructions, des jeunes Palestiniens francophones ont créé, avec l’aide du professeur Ziad Medoukh de l’université al Qods, une chaîne gratuite sur YouTube. C’est Gaza la vie. Munis de leurs téléphones portables, ils saisissent tous les moments qui dessinent une société.

Bande de Gaza, envoyé spécial.

Du nord au sud de la bande de Gaza, à Beit Lahia comme à Rafah, revient dans la bouche des jeunes Palestiniens la même demande : « Parlez de nous, dites que nous voulons vivre ! » s’exclame ainsi Ahmed en train de taper dans un ballon de football. « Lorsqu’on évoque Gaza, c’est toujours pour compter les morts et les destructions de nos maisons, dit Leyla, une étudiante de Khan Younès. C’est une réalité, malheureusement. Mais nous, ce que nous voulons, c’est la joie et la lumière, pas la disparition et l’obscurité. » Cette résilience palestinienne – celle de Mahmoud le pêcheur qui risque sa vie lorsqu’il part en mer, d’Ahmed l’ouvrier qui vit au milieu des déchets, de Sarari qui a perdu son mari pendant la guerre menée par Israël en 2014, ou de Raed Issa, le plasticien qui utilise son art comme une arme de résistance – est sans doute la plus remarquable qui soit. Comme l’histoire terrible d’Attala El Fayouni. Keffieh noir et blanc autour du cou, nous le rencontrons à Malaka, à l’est de la ville de Gaza. Là où se déroulent chaque vendredi les manifestations pour exiger le droit au retour. Il est à peine sorti de l’enfance et pourtant il est déjà rattrapé par le monde cruel de l’occupation et de la répression sauvage menées par l’armée israélienne.

Interdit de sortie du territoire, Attala a dû être amputé de sa jambe

Tout a basculé pour Attala le 13 avril 2018. Ils étaient cinq copains invités à un mariage. « Mais comme il était encore tôt, nous sommes allés sur les lieux de la manifestation », se souvient-il. En cette journée, les affrontements sont durs. « Soudain, les Israéliens ont tiré comme des fous. Beaucoup de personnes sont tombées, blessées. » Attala, malgré la peur, décide d’aller leur porter secours. Une première balle traverse sa jambe gauche. Quelques minutes après, un deuxième projectile touche sa jambe droite. C’est une balle explosive. Il est évacué tant bien que mal et transporté à l’hôpital al Shifa, le plus important de la bande de Gaza. « J’avais perdu tellement de sang qu’ils pensaient que j’allais mourir... » Placé en soins intensifs, il lui faut être transféré hors du territoire palestinien. Ce qui nécessite le bon vouloir des Israéliens. Qui refusent de le laisser sortir. Deux semaines après, il est amputé de la jambe droite. « Ma vie a changé. Je travaillais et je participais aux finances de la famille. Maintenant, je fais partie du problème », dit-il en s’appuyant sur ses béquilles qui, désormais, ne le quittent plus, lui rappelant sans cesse qu’il n’a plus qu’une seule jambe. Son espoir : pouvoir être équipé d’une prothèse. Pas toujours simple et de toute manière très cher. Mais il ne veut pas perdre confiance. Même si ses nuits sont hantées de cauchemars, comme le rapporte son pote Abbas : « Une fois, il s’est réveillé à 4 heures du matin. Il s’est mis à crier et a pleuré pendant deux heures. » Attala esquisse un sourire, défait son keffieh, qu’il plie pour en faire une fronde, place une pierre et la lance sur ceux qui ont fait chavirer sa vie.

Une autre fenêtre sur Gaza, par-delà le blocus

Au début de l’année, un groupe de jeunes Palestiniens, qui ont en commun d’avoir appris le français, s’est réuni pour essayer de donner une autre image de Gaza. « Dans les médias internationaux et plus particulièrement français, on ne voyait que des sujets sur la guerre et le blocus, souligne Islam Idhair dans un français parfait. C’est évidemment une partie de la réalité. Mais nous, nous voulions une autre fenêtre sur Gaza. » Ils créent alors une chaîne sur YouTube. Gratuite. Son nom ? Gaza la vie. Avec un message : « Malgré tout, nous voulons vivre. » Munis de leurs téléphones portables, ils saisissent tous les moments qui dessinent une société : des étals sur les marchés, des scènes de mariage, des enfants qui jouent dans la mer… « On ne coupe rien. Nous ne voulons pas qu’il y ait des effets. Juste montrer la vie et rien d’autre, prévient Islam. Nous, on ne peut pas aller en France. On ne peut pas sortir de Gaza et oublier ce blocus inhumain que nous font subir les Israéliens. Alors on s’échappe avec les réseaux sociaux. Pour nous, c’est maintenant un véritable défi. »

Ils ont bénéficié de l’aide de Ziad Medoukh, directeur du département français de l’université al Aqsa, qui a également soufflé le nom de la chaîne. Ce sont plus de 1 000 personnes qui y sont déjà abonnées. « Gaza a besoin de beaucoup de solidarité morale », dit celui qui est également poète. L’un de ses ouvrages s’intitule d’ailleurs Gaza, terre des oubliés, terre des vivants. Parce qu’il est important à ses yeux que les rêves des jeunes Gazaouis prennent le pas sur leurs cauchemars.

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