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Pour l'édition 2019, la création Up Above my Head, célèbre work-song, chant d’esclaves et stances de détenus américains. Entretien avec Raphaël Lemonnier, Camille et Sandra Nkaké, qui sont tous de cette aventure.

Dès le premier jour, Jazz à Vienne frappe fort, avec une commande cardinale au pianiste Raphaël Lemonnier, Up Above my Head, conviant les chanteuses Camille et Sandra Nkaké et le saxophoniste Raphaël Imbert. Ces artistes de haut vol, toutes et tous leaders dans leurs aventures artistiques respectives, imprimeront bien plus qu’une simple interprétation des chants d’esclaves et de prisonniers de pénitenciers américains arrangée par Raphaël Lemonnier et Clément Ducol. Habités par un profond engagement artistique et humain, ils leur instilleront le sel, le suc, la sueur de leur inventivité. Et, à travers la plénitude de leur art, ils montreront l’universalité de cette bouleversante geste de la survivance, de la résistance et, parfois, de la résilience. Rencontre avec trois des artistes.

Comment avez-vous, Raphaël Lemonnier, opéré le choix du répertoire ?

Raphaël Lemonnier Les écoutes et choix des morceaux ont pris énormément de temps. Mon travail a commencé avec les enregistrements de Lomax sur des chants de travail enregistrés dans les pénitenciers du sud des États-Unis dans les années 1950, 1960. Puis je suis remonté aux origines de ces chants. J’ai voulu faire ce travail dans ce sens et bâtir un répertoire qui englobe trois thématiques : d’abord, les work-songs et chants d’esclaves, ensuite les negro spirituals et, enfin, des chants utilisés lors du mouvement pour les droits civiques des Afro-américains dans les années 1960. Il y a d’édifiantes chansons de prisonniers noirs comme Early In The Morning et Berta, Berta qui racontent leur réalité dans les pénitenciers : une vie quotidienne d’esclave… dans les années 1960 ! Sometimes I Feel Like a Motherless Child, un des negro spirituals emblématiques, évoque à demi-mot le fait que les enfants d’esclaves étaient séparés de leur mère ou vendus à part.

Camille Ces chants sont d’actualité. L’esclavage n’est plus un canon revendiqué de société, mais il me semble que chacun de nous est devenu un esclave qui, de manière plus ou moins consciente, sert un système capitaliste – celui-là même qui a engendré l’esclavage aux États-Unis –, devenu délétère et destructeur. Qui peut dire, aujourd’hui, qu’il aime son travail et qu’il aime complètement la manière dont il doit l’effectuer ? Qu’il assume pleinement toute la chaîne de production dans laquelle il est intégré ? Qui peut dire qu’il aime complètement son mode de vie et tout ce que ça implique pour le reste de l’humanité et de l’écosystème ? Qui peut dire qu’il profite pleinement et directement des fruits de son travail ? Qui peut prétendre être totalement libre et autonome ? J’adore mon travail d’auteure, de compositeure et de chanteuse. Je le fais avec passion. Mais je constate que le monde de la musique s’industrialise, se « marketise », s’accélère, se mondialise, se compresse. Que je le veuille ou non, je participe à ce processus. Abolir l’esclavage de nos vies privées et professionnelles nécessite une vigilance permanente. Le chant est une forme de vigilance, car il est une forme de présence.

Sandra Nkaké Pour moi, c’est une grande émotion que de participer à cette création… La société dans laquelle nous vivons et le modèle capitaliste ultralibéral que nous cautionnons ou subissons découlent directement des systèmes hérités des siècles passés. La société moderne que nous avons collectivement créée est violente, verticale et basée sur l’enrichissement de peu, au détriment de la vie de beaucoup ! Transmettre ces chants de lutte est vital, parce que, de nos jours, des hommes et des femmes meurent encore à cause de leur couleur de peau, leur pays d’origine ou même leur croyance. Ces cris de révolte doivent continuer de résonner dans notre époque où encore beaucoup de gens ignorent l’histoire de la traite transatlantique, du rapt, de la déportation d’au moins 12 millions d’hommes, femmes et enfants d’Afrique pour être esclavagisés aux Amériques et partout dans le monde. Parce que, récemment, d’aucuns ont nié et nient encore ce crime contre l’humanité.

28 juin, Jazz à Vienne, Théâtre antique, Up Above my Head, www.raphael-lemonnier.fr.

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