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Loin des atermoiements des grands du XV de France, les moins de 20 ans ont décroché un second titre de champion du monde. De quoi les introniser sauveurs de la patrie rugbystique…

Génération dorée ou feu de paille qui se consumera bientôt face à la réalité du professionnalisme et de la mondialisation à marche forcée du rugby ? C’est la question qui se pose au lendemain du sacre mondial de l’équipe de France des moins de 20 ans. Laquelle en Argentine, à Rosario, la ville natale d’Ernesto Che Guevara, a allumé un foco – un foyer dans la terminologie guevariste – d’espoir pour un rugby hexagonal qui se lamente sur son XV de France, celui des seniors, en cendres à l’aube de la prochaine Coupe du monde au Japon (20 septembre-2 novembre).

Sans faire non plus dans le grandiloquent, on énoncera simplement que le XV de France des moins de 20 ans a conservé son titre de champion du monde, samedi, en disposant de l’Australie (24-23). Déjà « héraults » et titrés à Béziers en juin 2018, les Bleuets deviennent ainsi la troisième équipe à conserver sa couronne, après la Nouvelle-Zélande (de 2008 à 2011) et l’Angleterre (2013 et 2014). Vu de l’intérieur, ça restera un souvenir « gravé à vie » pour Léo Coly, demi de mêlée français, un des artisans de l’aventure des champions du monde de Rosario : « C’est magique, c’est indescriptible, on vit un rêve, a souri le joueur du Stade Montois. En peu de temps, une alchimie extraordinaire s’est créée. Le staff a une grande part de réussite. »

« Face à l’Australie, on a été solidaires, on n’a rien lâché »

Comme quoi, impossible n’est pas français. C’est ce que s’est plu à souligner Didier Retière, le directeur technique national de la Fédération française de rugby (FFR) au moment où se profile l’entrée dans la dernière ligne droite avant les élections pour le renouvellement en 2020 de l’équipe fédérale présidée par l’homme-caméléon du rugby hexagonal, Bernard Laporte : « Face à l’Australie, on a été solidaires, on n’a rien lâché, a dit Retière, ex-adjoint des « grands » Bleus aux côtés de Marc Lièvremont (2007-2011). On commence à avoir une culture de la gagne chez les jeunes Français, on va de l’avant. Il faut maintenant qu’on soit compétitifs dans la durée pour fournir des joueurs à l’équipe de France. (…) On a souvent mis en avant la formation dans d’autres pays, ces deux titres montrent que ça marche bien chez nous. On travaille pour 2023. » Dans quatre ans déjà sonnera, en effet, le moment d’une coupe du monde organisée en France. Et Louis Carbonel, demi d’ouverture du RC Toulon, auteur de 14 des 24 points français en finale face aux Australiens, rêve d’en être avec une majorité de ses partenaires champions du monde : « J’espère que dans les deux générations de champions, il y en aura le plus possible en équipe de France A. Mais, il faut déjà qu’on s’aguerrisse en Top 14 et après, peut-être, rêver un peu plus haut. »

De quoi peut-être effacer un jour des tablettes 2018 et 2019, double annus horribilis du rugby français avec un XV de France dirigé par Jacques Brunel qui a ressemblé à un bateau à la dérive avec seulement 3 victoires pour 10 défaites. Mais rien n’est perdu, crie depuis l’Argentine du Che, Sébastien Piqueronies, le manager des Bleuets, intimant tel un leader de la révolution cubaine qu’il est l’heure « de modérer nos divergences et de tout mettre au service de la lutte ». En plus rugbystique, cela donne : « Je crois que des jeunes joueurs de rugby de talent il y en a, il y en a toujours eu. Et on va en avoir d’autres. Quand on les accompagne bien, avec cohérence et précision, ça peut donner de belles choses. »

Hasta la victoria ? L’avenir le dira…

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