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Plus de 5 000 syndicalistes, élus, gilets jaunes et citoyens de tous bords ont manifesté samedi dans la cité du Lion pour exiger le maintien du millier d’emplois menacés chez General Electric et réfléchir à une autre politique énergétique.

Belfort (Territoire de Belfort), envoyée spéciale.

Ce n’est pas tous les jours que l’on voit le logo de la CGT à côté de celui du Medef. Pourtant, dans les rues de Belfort ce samedi, banderoles et affiches proclamant les soutiens de tous bords aux salariés de General Electric, et à l’emploi industriel dans le territoire, fleurissaient un peu partout dans la ville. Face à l’ampleur de la menace de désindustrialisation qui guette le territoire du Lion, depuis l’annonce fin mai des 1 044 suppressions d’emplois chez General Electric, dont la majeure partie dans l’activité turbines à gaz, la manifestation massive de samedi avait, elle aussi, des allures d’union sacrée. « Tout Belfort est vent debout ! », scandent les manifestants, tandis que les « Macron démission ! » résonnent régulièrement.

« Ce sont des gens qui se tuent au travail »

Derrière l’intersyndicale CGT-CFE-CGC-SUD de la branche énergie de GE, des syndicalistes CFDT, FO et CFTC d’autres secteurs, des salariés du public et du privé, des gilets jaunes, des élus et responsables politiques allant des « Républicains » à Lutte ouvrière, en passant par des socialistes, des écologistes, le Parti communiste français, la France insoumise et le Nouveau Parti anticapitaliste, mais aussi de très nombreux Belfortains sans étiquette, ont défilé de la Maison du peuple à la préfecture. En première ligne, le maire LR de la ville, Damien Meslot, et la présidente socialiste de la région Bourgogne-Franche-Comté, Maire-Guite Dufay. « Cette mobilisation est à la hauteur du scandale industriel des décisions de GE », constate cette dernière, appelant l’État à « peser de tout son poids » pour sauvegarder le tissu industriel local. Jean-Luc Mélenchon, Marie-Noëlle Lienemann, Philippe Poutou, Nathalie Arthaud et le député PCF du Nord Alain Bruneel étaient également présents, renforçant l’importance nationale de cette mobilisation. « Les seuls que nous n’avons pas tolérés dans le cortège, ce sont les représentants du Rassemblement national », explique Cyril Caritey, secrétaire général de la CGT GE sur le site de Belfort. « La préfecture nous a dit qu’ils n’arrivaient plus à compter ; passé les 5 000 manifestants. Nous, on estime qu’il y avait 10 000 personnes », évalue Damien Pagnoncelli, secrétaire général de l’union départementale CGT du Territoire de Belfort.

« On n’est pas dupe sur le fait qu’il y a sans doute quelques aspects de récupération politique. Mais cette affaire cristallise aussi les problèmes de désindustrialisation en France, et de la maîtrise énergétique pour l’opinion publique. Certains élus commencent à se dire qu’on a peut-être trop laissé ces grands groupes se livrer à la prédation sans contreparties », analyse Cyril Caritey. Face au discours du gouvernement, qui se concentre uniquement sur le redimensionnement du plan à la baisse, la diversification de l’activité sur place et la garantie de non-fermeture de l’ensemble du site – qui compte 4 000 salariés au total –, les GE et leurs soutiens entendent aller beaucoup plus loin. « Non seulement on ne veut aucune suppression d’emploi, mais on demande en plus des investissements », souligne le responsable syndical.

« Bruno Le Maire ne sait pas de quoi il parle. Les turbines à gaz sont une production d’avenir », s’agace de son côté Laurence, électromécanicienne sur le site depuis dix-huit ans. Bercy s’évertue en effet depuis des semaines à expliquer qu’une baisse de la demande des fabrications locales justifierait la restructuration. « Sur la turbine 50 hertz (Hz)que nous produisons, on vient d’avoir les marchés dans quatre nouveaux pays », affirme Cyril Caritey. L’intersyndicale rappelle de son côté que ce segment représente 75 % du marché mondial, et que ce sont surtout les turbines 60 Hz? dont la fabrication est implantée aux États-Unis, qui subissent l’essentiel de la réduction du marché. « Tous les experts s’accordent à dire que le marché de la turbine à gaz va rebondir rapidement, pour remplacer le charbon, remplacer le nucléaire, pour accompagner la montée en puissance du renouvelable », a insisté le délégué syndical CFE-CGC, Philippe Petitcolin.

« Pour nous, c’est impossible de laisser ce plan s’appliquer. Ils ont tout cassé dans la région industriellement. Si on perd notre boulot, on va devoir soit déménager dans le Sud, soit finir à la rue », souligne Laurence. « Plus de 3 000 emplois directs et indirects sont menacés dans le bassin belfortain. Nous dénonçons la politique de banquier de Macron, qui a supervisé le démantèlement d’Alstom et qui laisse les financiers faire main basse sur notre politique énergétique », lance au micro un représentant des gilets jaunes franc-comtois, appelant à une « union populaire en soutien aux salariés de GE et à la nationalisation des brevets sous contrôle ouvrier et populaire ».

« Beaucoup de mes patients travaillent dans l’industrie, à Belfort, et à General Electric en particulier. Ce sont des gens qui se tuent au travail, qui ont des problèmes de dos dès 40 ans. Et pour toute récompense, on supprime 1 000 emplois alors qu’on leur avait promis d’en créer 1 000 », s’indigne le professeur Laurent Thines, chef du service de neurochirurgie au CHU de Besançon, qui observe « la même logique de hausse de la productivité à l’hôpital ».

« General Electric : tout le monde connaît quelqu’un qui y travaille »

« Alstom, General Electric : tout le monde connaît quelqu’un qui y travaille dans la région, ça fait partie de notre histoire. Si GE supprime l’activité turbines à gaz, cela va accélérer la paupérisation du territoire. Cela aura un impact sur nos classes, où l’on accueille beaucoup d’enfants dont les parents travaillent là-bas », redoutent Lydie, Emmanuelle et Élisabeth, enseignantes dans le secondaire, venues manifester « en tant que Belfortaines, par solidarité avec les salariés ».

Depuis plus d’un mois, l’intersyndicale multiplie les actions pour faire reculer GE et faire pression sur le gouvernement. À deux reprises la semaine dernière, les syndicats ont empêché le lancement de la procédure de plan social. Face à cette fronde, la direction de GE ne désarme pas : elle a reporté à mercredi cette réunion d’ouverture du PSE. Soit la veille de l’audience en référé devant le tribunal de grande instance de Belfort, saisi par les représentants du personnel pour faire suspendre la procédure au motif que les pistes de diversification présentées comme une solution de reclassement par GE ne seraient pas suffisamment abouties.

Pour tenter de dégager de nouvelles voies d’action après cette première démonstration de force, la fédération du PCF du Territoire de Belfort organisait, à l’issue de la manifestation, un débat citoyen avec des syndicalistes, mais aussi des élus et militants d’autres formations politiques, pour matérialiser un front citoyen sur la base de revendications précises, listées dans un appel national (lire ci-contre). « On a besoin d’organiser des états généraux de l’industrie et de l’énergie à Belfort », appuie Jacqueline Guiot, élue Génération.s à la mairie de Belfort. « La mobilisation citoyenne peut gagner face à une poignée de conseillers ministériels et de banquiers », espère Samia Jaber, conseillère municipale d’une liste citoyenne. « L’État a des atouts s’il veut défendre ses intérêts : GE vit de commandes publiques, EDF doit participer à la négociation autour de son avenir. Via les banques publiques, l’État peut intervenir pour racheter temporairement l’usine. Il pourrait aussi conditionner l’octroi d’aides publiques, comme le Cice ou le crédit impôt recherche, au développement de l’activité et de l’emploi industriels », fait valoir Frédéric Boccara, membre de la commission économique du PCF.

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