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Le regain de participation, surprise de ce scrutin, porte en tête la liste RN, qui recueille 23,7 %. Un échec cuisant pour la majorité macroniste (environ 22,4 %), mais aussi pour la gauche, dont l’addition des scores atteint laborieusement les 32 %.

Emmanuel Macron jouait gros. Non seulement il a perdu, mais aura dans sa chute déroulé le tapis rouge à l’extrême droite, qui, pour la deuxième fois dans l’histoire de la Ve République, arrive en tête d’un scrutin national. Créditée de 23,7 % à l’heure où nous écrivons ces lignes, la liste du Rassemblement national arrive devant celle de la majorité LaREM (22,4 %), qui accuse une cuisante défaite. Surprise et fait majeur de ce scrutin, la participation devait dépasser les 52 %. Du jamais-vu depuis vingt-cinq ans. Mais ce reflux de l’abstention n’aura pas profité à la majorité macroniste, sévèrement sanctionnée pour ce premier scrutin intermédiaire du quinquennat. Encore moins à la liste LR, menée par François-Xavier Bellamy, qui s’effondre à 8,2 % des voix et enregistre la plus grande défaite de son histoire. Comblé par les deux premières années du quinquennat, l’électorat de droite se sera donc massivement reporté sur la liste LaREM. Quant à la gauche, elle sort plus affaiblie que jamais, malgré une percée significative de la liste EELV (plus de 13 %). Selon les estimations dont nous disposons à cette heure, les scores additionnés de toutes les formations de gauche (PCF 2,6 %, FI 6,4 %, PS 6,4 %, Génération.s 3,3 %) atteindraient péniblement les 32 %. Soit pas beaucoup plus que l’addition des listes d’extrême droite (environ 30 %). C’est dire si la crise démocratique et la déflagration du paysage politique depuis 2017 sont loin d’être terminées… et la menace brune, une réalité désormais bien concrète.

Le macronisme ne sera jamais le rempart à l’extrême droite

Mais la défaite est d’autant plus cinglante pour le président de la République qu’il avait fixé lui-même les règles du jeu, enfermant le débat politique dans son duel mortifère avec le RN de Marine Le Pen. En montant au front dans la dernière ligne droite de la campagne, Emmanuel Macron avait même délibérément cherché à présidentialiser ce scrutin, quitte à prendre le risque d’attiser le vote sanction à l’égard de sa politique, mais surtout en détournant l’élection de son objectif intrinsèque : l’Europe. Le retour de boomerang est violent. Car c’est d’abord une défaite personnelle pour le chef de l’État, déjà très affaibli depuis décembre et les mobilisations des gilets jaunes. Ce matin, le « nouveau monde » a du plomb dans l’aile. Le scrutin d’hier confirme que le macronisme ne sera jamais le rempart à l’extrême droite qu’il prétendait pourtant incarner, à grand renfort de moyens institutionnels et médiatiques. « Le président de la République a offert un boulevard à l’extrême droite. Ce jeu cynique a un prix catastrophique : il met en danger la République au moment même où des formations autoritaires et xénophobes viennent d’obtenir des résultats préoccupants dans plusieurs pays d’Europe », a dénoncé hier soir le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel.

Pas de quoi, donc, s’enthousiasmer de ce carton rouge, quand le vote sanction contre le président des riches s’est à ce point incarné dans le vote RN, confortant un rapport de forces politique européen où l’extrême droite continue de tisser dangereusement sa toile (voir ci-contre). Le score de Marine Le Pen confirme, pour qui en doutait encore, la place centrale que joue désormais le parti d’extrême droite dans un paysage politique toujours en recomposition. La châtelaine de Montretout n’a pas manqué de fanfaronner sur ce match retour gagné contre le président de la République. Ce dernier « n’a d’autre choix que de dissoudre l’Assemblée nationale », a-t-elle lancé hier soir, sitôt les résultats annoncés, estimant que ce scrutin valide « l’effacement des vieux partis et la bipolarisation RN/En marche » et confirmerait « le nouveau clivage nationaux-mondialistes qui domine maintenant notre vie politique et qui se met en place de manière durable ».

Incapable depuis le début du quinquennat d’incarner une alternative unie et crédible à Macron, la gauche, ce matin, est au tapis. Seule EELV, poussée par une dynamique de fin de campagne durant laquelle Yannick Jadot a réussi à incarner une réponse politique à l’urgence climatique, a créé la surprise, avec plus de 13 % des voix. « Nous sommes la troisième force ce soir, avec des scores identiques en Allemagne, en Belgique et ailleurs : c’est une vague verte politique dont nous sommes les acteurs », s’est félicité Yannick Jadot.

Pour la FI, c’est la douche froide. Elle est reléguée très loin derrière EELV, avec qui elle était pourtant au coude-à-coude dans les sondages, et son résultat, autour de 6 %, pourrait plonger le mouvement de Jean-Luc Mélenchon dans une profonde crise. Les insoumis font presque deux fois moins que pour les élections législatives de 2017 (11,03 %), où ils avaient déjà dévissé après le score historique de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle. Deux ans plus tard, les 7 millions de voix qui avaient failli le porter au second tour se sont en grande partie évaporés dans la nature ou reportés vers la liste EELV. « Ainsi, il se confirme que notre pays prend une pente que nous continuerons à combattre par tous les moyens dont nous disposons », a réagi le leader de la FI. « Monsieur Macron semble avoir perdu le match qu’il avait voulu installer de façon aussi irresponsable. C’est, de fait, la victoire de l’extrême droite », estime Jean-Luc Mélenchon.

« Reconstruire une gauche digne de ce nom en France »

La profusion de listes, et donc de l’offre politique, l’absence d’une dynamique majoritaire auront démobilisé un électorat de gauche complètement déboussolé. Le PCF, en dépit de la très belle campagne menée par Ian Brossat (lire page 7), crédité à l’heure où nous écrivons ces lignes de 2,6 %, ne parvient pas à envoyer, pour la première fois de son histoire, des eurodéputés à Strasbourg. « C’est une belle campagne qui s’achève, après douze ans d’absence à une élection nationale, a réagi Ian Brossat. En dépit de nos efforts, il arrive que la marche soit parfois trop haute pour être franchie du premier coup. » Mais pour la tête de liste PCF, « reconstruire une gauche digne de ce nom en France, c’est à cet objectif que le Parti communiste doit consacrer tous ses efforts, dans les semaines et dans les mois à venir ». Et Ian Brossat d’appeler ses camarades à « conserver en (nous) ce formidable état d’esprit et cette énergie qui fut (la) nôtre durant cette campagne ». Et d’ajouter : « Dans cette période politique trouble, n’oublions jamais que nous n’avons aucun adversaire à gauche. »

De son côté, la social-démocratie subit elle aussi une défaite historique, même si la liste PS-Place publique (entre 6 et 7 %), enverra tout de même des députés au Parlement européen. La liste de Benoît Hamon n’obtient de son côté que 3,3 %. Après trente ans de votes bafoués et de promesses trahies, nombre de citoyens ne croient plus en la capacité du politique à changer leurs vies. Hier, ce n’est pas la gauche qui a incarné l’opposition à l’ultralibéralisme de Macron. Mais l’extrême droite. Une claque à méditer, et le début d’un vaste chantier…

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