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En 2018, le groupe a distribué des dividendes supérieurs à ses marges. Une logique de court terme qui participe à marginaliser la France des grands enjeux comme la 5G.

C’est la quatrième fois en cinq ans qu’Orange versera à ses actionnaires – dont l’État, qui détient encore 23 % du groupe – des dividendes supérieurs à ses marges. « La direction dit qu’elle profite des opportunités du marché, et c’est vrai qu’Orange emprunte parfois à des taux quasiment négatifs, mais il reste que, globalement, on s’endette pour payer les actionnaires », déplore Thierry Franchi, délégué syndical central (DSC) adjoint CGT d’Orange. « Cette stratégie creuse la dette de plus de 1,5 milliard et a des conséquences préjudiciables pour les salariés, le service rendu et les investissements », poursuit-il. Le syndicat liste le bilan de cette politique : 3 000 emplois supprimés en France, un recours massif à la sous-traitance, la baisse des compétences…

Le groupe n’est plus que l’ombre de ce qu’il était en matière de recherche fondamentale et appliquée. « Le centre national de recherche sur les télécoms était l’un des trois meilleurs au monde, c’est là qu’a été inventée la fibre optique, par exemple », déplore Thierry Franchi. Lorsque l’opérateur public des télécoms était puissant, il était non seulement moteur dans la recherche, mais il passait des commandes à Alcatel, qui fabriquait, déployait et installait les réseaux. Ce qui a permis au groupe français de devenir l’un des leaders mondiaux du secteur. Comme Sagem, pionnier des technologies mobiles. Ce dernier groupe n’existe plus. Quant à Alcatel, ses bribes restantes ont été absorbées par Nokia.

« On a indirectement aidé les géants chinois à se développer »

« Free, SFR et Bouygues remplacent les équipements Alcatel par ceux du chinois Huawei, et le gouvernement français, qui ne s’est donné aucun moyen de s’y opposer – bien au contraire puisqu’il a favorisé l’émergence de concurrents privés –, en paye aujourd’hui le prix », explique Claude Josserand, DSC CGT Alcatel-Lucent International. C’est ainsi qu’en octobre dernier, SFR a installé sur son siège parisien sa première antenne 5G – la prochaine génération de standards pour la téléphonie mobile, stratégique car elle va notamment servir aux véhicules et objets connectés –, construite par Huawei. Sauf que l’installation d’une énorme antenne à Balard, dans le 15e arrondissement parisien, juste en face du ministère de la Défense et des Armées, au moment où le géant chinois est accusé d’espionnage politique et industriel dans de nombreux pays, a alarmé les militaires. « Alcatel a sa propre responsabilité dans cette situation, c’est une des premières entreprises à avoir délocalisé des usines de fibre optique en Chine, rappelle Claude Josserand. On a indirectement aidé les géants chinois, y compris Huawei, à se développer, et eux, ils mettent des moyens dans la recherche. Le capitalisme d’État chinois a bien des défauts, mais au moins il est stratégique. » Le géant chinois est ainsi devenu le seul au monde à pouvoir tout fabriquer, du réseau aux antennes, où il est numéro un, devant Nokia et Ericsson, jusqu’au smartphone, où il est désormais le troisième constructeur mondial.

Thierry Franchi, côté Orange, ne peut que confirmer : « Huawei est bon techniquement, et en plus, il est peu cher. Et c’est ce qui est au fond le plus important pour les actionnaires. Après avoir détruit notre industrie télécoms, notre choix se résume à payer plus cher pour se faire espionner par les Américains, ou moins cher et se faire écouter par les Chinois… » Le gouvernement français a tranché en faveur des États-Unis, sous pression de Washington.

À la suite du problème de l’antenne de Huawei devant le ministère de la Défense, Bercy a ajouté d’urgence à la loi Pacte un amendement pour empêcher, in extremis, les équipements du constructeur chinois en région parisienne et dans les cœurs de réseaux. Tous les déploiements télécoms depuis le début du mois sont soumis à autorisation de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information. « Lorsqu’on rencontre les ministres, on essaye de pousser vers la souveraineté nationale, même si, aujourd’hui, Alcatel n’est plus français, mais est devenu Nokia, américano-finlandais, assure Claude Josserand. À la CGT, on a toujours défendu l’importance de maintenir une industrie télécoms en France, de la silice à la 5G. C’est aussi un argument pour nos emplois, car, sur les deux sites encore en France, on travaille principalement sur les réseaux 5G. » Mais Nokia a lancé son troisième plan social en France en trois ans, délocalisant, principalement en Europe de l’Est, tous les personnels qui ne font pas de recherche et développement. Il faut dire que le groupe touche 75 millions d’euros de crédit d’impôt-recherche par an…

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