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Le syndicat exige la réquisition de l’usine, fermée par la multinationale, et le remboursement des aides publiques que celle-ci a perçues sans contrepartie.

Alors que le gouvernement a pris acte, lundi, de la décision, de Ford de fermer son usine de Blanquefort (Gironde), la CGT contre-attaque. Pour empêcher la disparition de 800 emplois, le délégué cégétiste Philippe Poutou a appelé le pouvoir à « réquisitionner l’usine » afin de préserver une activité industrielle sur le territoire. « On nous dit que l’État n’a pas vocation à “nationaliser” ou à “réquisitionner” et à fabriquer des boîtes de vitesses ? Mais l’État a-t-il vocation à laisser disparaître les usines et les emplois ? », a interrogé le syndicaliste.

Philippe Poutou a déploré que le gouvernement n’ait pas pu contraindre le constructeur américain à accepter l’offre de reprise de Punch Powerglide. Cette décision entraîne l’arrêt du site et condamne quelque 800 emplois. À l’État de « sortir d’une posture d’impuissance, en se confrontant réellement à la multinationale », à ses « logiques destructrices et antisociales ».

15 millions d’euros d’aides ont été versés au constructeur américain

De son côté, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a jugé « indigne » le comportement du constructeur américain. « Nous regrettons que cette offre, une nouvelle fois, n’ait pas été acceptée par Ford et que la porte soit restée fermée », a-t-il déclaré, en conférence de presse, au terme d’une réunion à Bercy avec les représentants du personnel et les élus locaux. Pour le ministre, Ford doit « payer ce qu’il doit aux salariés (…). Nous voulons que le plan social soit le plus solide possible pour l’ensemble des employés ».

Face à ces injustices, la CGT a exigé un remboursement des aides publiques perçues par la multinationale ces dernières années. Interrogé sur le sujet par France Info, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a précisé que les sommes versées, sans contrepartie, au constructeur américain, s’élèvent à 15 millions d’euros. Mais « on ne peut pas les demander, car ces 15 millions d’aides étaient liés à des engagements sur l’emploi que Ford a tenus », a-t-il osé justifier, alors que l’entreprise laisse sur le carreau quelque 800 salariés.

De son côté, Bruno Questel, le vice-président du groupe la République en marche à l’Assemblée nationale, se dit, lui, prêt à « travailler sur une évolution de la loi avec une obligation de restitution de tout ou partie de l’argent ou d’investissements lourds dans la requalification du site ou l’accompagnement en requalification professionnelle des salariés concernés ». En attendant, la CGT ne compte pas rester spectatrice du désastre industriel. « Il y a encore une chance de sauver un bout d’usine et le plus d’emplois possible », estime le syndicat.

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