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Le phare du reggae africain revient avec le disque Human Race. Il y chante plus que jamais la nécessité de recoudre l’humanité. Entretien.

C’est un Alpha Blondy radieux que nous retrouvons, quatre ans après son concert à la Fête de l’Humanité. Si son visage s’éclaire volontiers, la révolte face aux injustices continue de sourdre du plus profond de l’homme de conscience. Le chanteur, auteur et compositeur ivoirien n’a rien oublié des galères de son enfance, de la misère, mais aussi de l’amour salvateur de sa grand-mère. Dans son nouvel album, Human Race, il chante plus que jamais la nécessité de recoudre l’humanité, que lacèrent les va-t-en-guerre et les corsaires du capital.

Parmi les thèmes que vous abordez dans Human Race , auxquels tenez-vous particulièrement ?

Alpha Blondy Avec le titre éponyme, je réaffirme haut et fort que, si on parle de race, il y en a une seule : celle des hommes et des femmes, celle de l’humanité. Les racismes de tout poil sévissent, il faut faire la peau à la notion caduque de couleur d’épiderme. Dans ce disque, je m’élève en outre contre le brouhaha politique, les promesses non tenues envers le peuple, les hôpitaux mouroirs en Afrique… Je chante aussi l’amour, parce qu’il est le soleil du cœur. Nous avons tous et toutes besoin du réconfort qu’il nous apporte face aux brutalités secouant le monde.

Comment Burning Spear, un des pères du reggae, vous a-t-il influencé ?

Alpha Blondy La première fois que je l’ai vu en concert, j’étais étudiant aux États-Unis. Voulant absolument le rencontrer, je lui ai fait croire que j’étais un journaliste africain. En guise de carte de presse, je lui ai présenté ma carte d’étudiant, qu’il a à peine regardée. J’ai été marqué par sa voix de chansonnier du village, son accent pâteux, son patois pétri d’expressions du petit peuple, comme nous, au pays, avec notre argot du ghetto. Il m’a conforté dans l’idée qu’il était possible de créer un reggae africain dans ma langue, le dioula. Burning Spear m’a aidé à me débarrasser des chaînes de la rime.

De Serge Gainsbourg, vous avez repris Je suis venu te dire que je m’en vais…

Alpha Blondy J’ai souhaité montrer qu’il a touché l’artiste africain que je suis. Je l’ai rencontré en 1987, au Printemps de Bourges. Dans ma loge, nous nous sommes grillé quelques missiles, qui nous ont propulsés dans la galaxie (rires). À l’époque, j’aimais bien ça. Gainsbourg avait ce grain de folie qu’ont souvent les artistes incompris. Il a été d’une gentillesse absolue. Et puis, dites-moi, qui n’a pas fait l’amour sur Je t’aime... moi non plus ? J’ai eu envie de rendre hommage à ce messager de l’amour.

Musulman, vous n’avez cessé d’exhorter à la tolérance, à la fraternité entre les religions, en particulier entre l’islam, le christianisme et le judaïsme. Comment ressentez-vous l’islamophobie, qui a augmenté avec les attentats ?

Alpha Blondy C’est douloureux, bien sûr. Je suis profondément croyant, je respecte avec conviction les croyants, je respecte aussi les non-croyants, il s’agit de l’intime liberté de chacun. Mais je voudrais revenir sur la notion de terrorisme. Les poseurs de bombes mènent une guerre de vengeance. Les attentats sont inacceptables, insupportables. Cependant, il faut dénoncer avec autant de vigueur le terrorisme d’État, perpétré par des puissances occidentales, qui ont bombardé et détruit l’Irak, la Libye… Et qui ont contribué à mettre le feu aux poudres.La rengaine de la liberté et de la démocratie, nous la connaissons bien en Afrique aussi. En fait, pour ces grandes puissances, il s’agit de la liberté de piller des richesses, comme l’uranium, le pétrole, etc. Et non de la liberté des peuples, lesquels paient cher le prix de cette hypocrisie.

En 2014, vous vous êtes produit sur la Grande Scène de la Fête de l’Humanité. Quels souvenirs gardez-vous ?

Alpha Blondy La chaleur du public, sa réaction enthousiaste à chaque message de paix que nous exprimions. Un public motivé comme nous l’aimons, parce qu’il nous encourage, nous fortifie. C’est bientôt la Fête de l’Huma, n’est-ce pas ? Je vous la souhaite aussi belle, généreuse et joyeuse que celle que j’ai vécue !

Fara C. L'Humanité

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